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Un nouveau médicament contre l'obésité - que faut-il en penser ?

Un nouveau médicament contre l'obésité

Un nouveau médicament contre l'obésité - que faut-il en penser ?

Cette information est destinée aux professionnels de la santé mais vous permettra de poser les bonnes questions à votre médecin.

Depuis septembre, un nouveau médicament contre le surpoids et l’obésité baptisé Saxenda® est autorisé au Luxembourg. Il est recommandé pour une utilisation en plus d'un régime réduit en calories et d'une activité physique régulière. Son mode d’administration sous forme d’injections quotidiennes et certains effets secondaires font que ce médicament nécessite une bonne éducation et suivi. Il n’est actuellement pas remboursé par la CNS ce qui peut réduire l’enthousiasme des patients. Néanmoins, il présente certains avantages qui peuvent le rendre intéressant dans la prise en charge de l’obésité.

Stylo Saxenda

Le surpoids et l’obésité augmentent les risques de nombreuses maladies, notamment le diabète et les maladies cardiovasculaires. D’autre part, le surpoids peut occasionner divers désagréments et problèmes de santé, entre autres une surcharge des articulations, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies (taux de cholestérol élevé), un manque de souffle. La perte de poids atténue ces risques et contribue à votre bien-être. Découvrez donc l’essentiel sur ce nouveau médicament pour connaitre les bonnes questions à poser à votre médecin traitant avant de vous lancer.

Comment fonctionne le Saxenda ?

Le liraglutide (nom « chimique » du produit) est un analogue/agoniste du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) ou agoniste des récepteurs du GLP-1. Le liraglutide est déjà utilisé pour traiter le diabète de type 2 en Europe depuis de nombreuses années, sous le nom commercial Victoza®, à des doses jusqu’à 1,8 mg par jour. La dose à atteindre progressivement pour son utilisation dans la gestion du poids est de 3 mg/jour.

le liraglutide est une « copie » d'une hormone intestinale naturellement produite en réponse à la prise alimentaire et qui stimule la sécrétion d'insuline. Le mécanisme par lequel le traitement est efficace dans la perte de poids serait plutôt par une augmentation de la satiété au niveau cérébral. Le médicament provoque un ralentissement de la digestion par un ralentissement de la vidange gastrique (de l’estomac),ce qui réduit la sensation de faim.

Quelle efficacité peut-on espérer ?

Ce n’est pas un produit miracle ! Le traitement avec le Saxenda® doit être combiné avec un régime. D’autre part, il est important de bouger plus. Dans ces conditions, ce médicament fonctionne de façon optimale. L'efficacité a été démontrée dans 5 essais cliniques avec 5 800 patients obèses ou en surpoids. Lors de ces études, les patients traités ont atteint une perte de poids significativement supérieure par rapport à ceux recevant un placebo (traitement fictif). Tous avaient reçu des conseils alimentaires et des informations liées à l'intérêt d'une activité physique.

Saxenda

La perte de poids était entre 6-8% de perte par rapport au poids initial dans les premiers 6 mois et en moyenne autour de 10% après 12 mois. Cependant, il y avait des personnes « non-répondeur », mais cette inefficacité se voyait habituellement après 2-3 mois. Le Comité européen des médicaments à usage humain (CHMP) recommande donc qu’après 12 semaines de traitement dosé à 3 mg par jour, chaque patient soit évalué. S’il n'a pas perdu au moins 5 % de son poids initial, alors le traitement doit être arrêté. Le traitement est coûteux et n’est pas dénué d’effets secondaires.

Une des études a duré 3 ans, et la perte de poids initiale a été maintenue sur la totalité de la durée.

Comment est-ce qu’on administre le Saxenda® ?

Le médicament est disponible sous forme de stylo injectable. Il devra être injecté par voie sous-cutanée (sous la peau) dans l'abdomen, la cuisse ou le haut du bras, avec des aiguilles de 4 mm, qui suffisent en moyenne. Attention, il ne doit pas être administré par voie intraveineuse ou intramusculaire. L’horaire de l’injection de Saxenda n’a pas d’importance. Certains recommandent de le prendre 2-3 heures avant le repas principal ou pendant les phases de la journée où le grignotage est fréquent. La dose initiale de liraglutide recommandée pour un adulte est 0,6 mg par jour. Après une semaine, votre médecin augmentera la dose à 1,2 mg une fois par jour, puis continuera graduellement à le faire jusqu’à la dose recommandée de 3 mg par jour (augmentation par palliers de 0,6 mg/semaine). Cette augmentation graduelle devrait minimiser les réactions indésirables sur le système digestif. Il est important de changer le lieu d'injection pour chaque dose et il faut éviter d'injecter ce médicament dans une zone cutanée qui est douloureuse, rouge, infectée ou autrement endommagée.

Quand est-ce que le Saxenda® est indiqué?

Disponible sur ordonnance, le médicament sera destiné aux adultes ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 30 kg/m2 ou plus (obésité), ainsi que les adultes ayant un IMC de 27-30 kg/m2 (surpoids) et qui ont également une ou plusieurs complications liées à leur poids, telle qu’une hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol ou une apnée du sommeil. En cas de pré-diabète, il sera particulièrement indiqué. Le liraglutide sera plutôt administré sous forme de Victoza® exclusivement en présence d’un diabète de type 2 (pour l’instant remboursé seulement dans cette indication au Luxembourg)

Par contre, ce médicament est contre-indiqué chez les enfants, en cas de grossesse ou durant l’allaitement. Il l’est également en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancer médullaire de la thyroïde ou néoplasie endocrinienne multiple de type 2. Et comme d’habitude chez les patients ayant présenté une réaction d'hypersensibilité grave au liraglutide ou à l'un des composants du produit.

Quels sont les effets secondaires du Saxenda® ?

Les effets secondaires les plus fréquents sont des problèmes gastro-intestinaux (nausée, vomissement, diarrhée, constipation...), des maux de tête, des problèmes d’appétit, des ballonnements, de la fatigue, des vertiges, des douleurs abdominales… chez plus de 5 % des patients. Mais ces problèmes sont surtout présents au début du traitement et à chaque augmentation de dose. Si ces effets persistent à un pallier, il vaut mieux rester à ce pallier avec la même dose plus longtemps, jusqu’à la disparition complète des signes.

Ces traitements peuvent plus rarement provoquer une augmentation du rythme cardiaque, des calculs biliaires et une inflammation de la vésicule biliaire. Ces effets secondaires seront suivis de près dans le cadre du plan de gestion des risques dédié à ce médicament. Les problèmes biliaires sont également très fréquents chez les personnes qui perdent beaucoup de poids rapidement.

Bon à savoir:

Conservez ce médicament au réfrigérateur, hors de la portée des enfants. Évitez le gel. Après la première utilisation, le médicament peut être conservé jusqu'à 30 jours à la température ambiante ou au réfrigérateur. Quand le médicament n'est pas utilisé, le capuchon du stylo doit être en place pour le protéger de la lumière. Retirez toujours l'aiguille du stylo après utilisation, afin de prévenir toute contamination, infection ou fuite.

En conclusion :

Le Saxenda® ne fait pas maigrir autant que la chirurgie bariatrique (perte de 20-40% du poids initial), mais cette chirurgie est réservée à des obésités très morbides. Par contre, toutes les solutions pharmacologiques lui sont inférieures : perte de 3% environ sur 1 an pour le Xenical® (seul autre médicament autorisé au Luxembourg), avec également un coût et des effets secondaires non négligeables. Aux USA, 3 nouvelles autres molécules sont autorisées ou en phase de le devenir, mais avec des résultats également modestes (perte entre 4-6% avec également des effets secondaires).

Mais, le liraglutide ne fait pas seulement maigrir : les personnes traitées deviennent moins fréquemment diabétiques de type 2, ont moins de dyslipidémies et améliorent leur tension artérielle, ce qui se transforme en une réduction significative du risque de maladies cardiovasculaires (récente publication dans le fameux New England Journal of Medecine). De plus, le syndrome des apnées du sommeil est amélioré et le risque d’arthrose au niveau genou et hanche réduit.

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