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Quelle relation entre polluants et diabète ?

Quelle relation entre polluants et diabète ?

Quelle relation entre polluants et diabète ?

Introduction

On les retrouve partout dans l’environnement, dans les plastifiants, les imperméabilisants ou les pesticides. Ils rendent les matières plastiques plus souples, les vêtements plus respirants et empêchent les aliments de coller dans la poêle. Les polluants plus particulièrement visés ici, sont ceux ayant un pouvoir d’interaction avec notre système hormonal, appelés communément perturbateurs endocriniens. Dans le règne animal, ce phénomène est examiné depuis un certain temps (par exemple perturbations du rapport mâles/femelles chez les poissons ou reptiles). Les perturbations éventuelles sur la fertilité des hommes, sur certaines maladies et récemment, une relation avec le diabète de type 2 sont vivement discutés.

Hormones

Les perturbateurs endocriniens modifient notre système hormonal, mais que sont les hormones ? Les hormones sont des substances qui sont produites et sécrétées dans le sang par une cellule A pour transmettre un certain message à une cellule B, quelque part ailleurs dans notre corps. Ce système d’information est utilisé par des glandes comme l’hypophyse sous le cerveau, la thyroïde, les surrénales ou une partie de notre pancréas. Sur, ou parfois dans cette cellule B existe un récepteur (comme une serrure p.ex. : dans laquelle ne fonctionne qu’une seule clé spécifique). Ce récepteur capte l’hormone émise par la cellule A et donne un signal d’action à la cellule B. Un exemple bien connu est l’action de l’hormone Insuline. En se liant au niveau du récepteur cellulaire, fait entrer le sucre dans la cellule B.

Dans le cas de nos hormones naturelles, d’infimes quantités suffisent pour avoir un effet. Nous parlons ici de microgrammes, voire de picogrammes. (pour mémoire : 1 milligramme est le millième d’un gramme, 1 microgramme est un millionième, 1 nanogramme est un pour un milliard et 1 picogramme est encore un facteur 1000 fois plus petit !)

Quels sont les perturbateurs endocriniens ?

La substance la plus connue et la plus controversée est sûrement le Bisphénol A. Cette substance était utilisée dans presque tous les types de matières plastiques pour leur permettre d’être plus souples. En premier, elle fut interdite dans les biberons. Mais selon les pays européens, elle sert encore toujours pour tapisser l’intérieur de boites de conserves, de cannettes de bière ou de bouteilles d’eau. La chaleur ou le fait de réchauffer un contenu dans ce genre de récipient, les acides alimentaire ou aussi les produits alcalins peuvent libérer le bisphénol A. L’eau bouillante p.ex., multiplie par un facteur 55 la libération de cette toxine. La libération peut également se faire si des bouteilles d’eau sont stockées dans un local trop chaud ou en réchauffant des aliments dans un tel récipient. Le bisphénol A se lie au récepteur d’oestrogènes et simule son effet.

D’autres types de perturbateurs endocriniens sont par exemple les phtalates, certains pesticides et métaux lourds ainsi que les retardateurs de flamme.

Quels types de problèmes de santé peuvent en découler ?

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les perturbateurs endocriniens sont en relation avec un grand nombre de maladies. Comme exemple sont cités le cancer du sein, le diabète, l’asthme, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, le syndrome d’hyperactivité et certaines maladies auto-immunes. D’autres études évoquent un lien avec l’hypertension et le surpoids ainsi que des cas de puberté précoce.

Les perturbateurs endocriniens ne semblent pas seulement provoquer des problèmes de surpoids et de diabète de type 2 chez l’homme.  Pour le type 1 il n’y a pas assez d’études. Ils provoquent également des modifications dans la faune/ le monde animal. Les insectes montrent des troubles du développement, les poissons et les grenouilles deviennent préférentiellement femelles. Ceci est dû au fait que le Bisphenol A se lie au récepteur d’œstrogène naturel. Même de petites quantités suffisent pour avoir un grand effet.

Perturbateurs endocriniens

Poissons égale poisons / polluants?

Les substances évoquées se répandent par l’air, l’eau et le sol. Les algues et autres microorganismes les absorbent. Les poissons « végétariens » absorbent les algues. Puis les poissons carnivores se nourrissent de ces mêmes poissons. Les polluants s’accumulent dans le gras de ces derniers en fin de chaine alimentaire, comme chez les thons et saumons par exemple. Manger du poisson 2 fois par semaine ne pose pas de problem. Mais mieux vaut ne pas se nourrir  de sushi 7 jours par semaine. Pour les femmes enceintes on  recommande de ne manger du poisson gras qu’une seule fois par semaine.

La théorie de l’augmentation constante des concentrations des perturbateurs endocriniens pourrait expliquer au moins partiellement l’augmentation explosive de l’obésité. Et ainsi l'augmentation du diabète de type 2. En 2000, L’OMS projetait que le nombre de patients diabétiques allait atteindre le seuil de 300 millions mondialement en 2030. Mais ce chiffre est déjà atteint maintenant en 2017 !

Mais ce ne sont sûrement pas ces substances seules qui sont en cause de l’obésité et du diabète de type 2. Ce serait trop simple de rendre les polluants coupables de nos comportements alimentaires et du manque d’activité physique de plus en plus répandus.

Même si les perturbateurs endocriniens ne sont pas la cause unique pour les maladies de civilisation, le principe de précaution devrait s’appliquer. Certains pays ont déjà défendu leur utilisation dans certains produits. Les instances européennes sont également en train de légiférer. Donc ceci amène l’industrie à utiliser d’autres produits qu’on connait encore moins longtemps. Ces polluants restent donc un problème complexe, car elles ne sont presque pas biodégradables et s’accumulent donc dans la nature. Voilà pourquoi on les retrouve presque partout.

Vous pouvez réduire votre exposition à certains perturbateurs endocriniens en adoptant quelques habitudes simples :

  • Évitez de réchauffer des aliments dans un récipient en plastique.
  • N’utilisez pas de chauffe-eau avec un revêtement en plastique.
  • Utilisez le moins possible des films alimentaires pour conserver les aliments.
  • Evitez surtout de mettre les aliments gras (charcuteries, fromages…) en contact avec des films ou récipients en plastique, car les plastifiants ont tendance à migrer vers les graisses.
  • Pour les fruits et légumes consommés avec la peau, préférez le bio.
  • Utilisez des produits cosmétiques sans parabène.
  • Pour faire le ménage, privilégiez les nettoyants naturels (p.ex. vinaigre) plutôt que des produits ménagers industriels.
  • Evitez d’utiliser des insecticides ou pesticides à l’intérieur de votre maison.

Association Luxembourgeoise du Diabète

 

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